Adresse
Rue de l' Eglise 36, 1611 La Verrerie
Année de construction
1889

Eglise Saint Loup de le Crêt

L'église de Le Crêt, située dans le village du même nom, fait partie de la paroisse catholique romaine de Le Crêt Progens, dans le canton de Fribourg, Suisse. Elle est dédiée à saint Loup, évêque de Troyes. Une chapelle a été construite en 1657, et la paroisse a été érigée en 1664.

L'église actuelle date de 1889 et se distingue par sa façade en pierre de taille et son clocher élancé de près de 50 mètres de hauteur. Ce dernier a été entièrement rénové en 2001 pour un montant de 200 000 francs. L'intérieur abrite un maître-autel gothique en marbre blanc, des autels latéraux en chêne sculpté, et un calvaire polychromé par l'artiste Faravel.

Horaire des messes

samedi 12 septembre 2026

  • 19:30
    Messe animée par la Cécilienne.

samedi 26 septembre 2026

  • 19:30
    Messe animée par la Cécilienne.

samedi 10 octobre 2026

  • 19:30
    Messe animée par la Cécilienne.

samedi 24 octobre 2026

  • 19:30
    Messe animée par la Cécilienne.
Adresse
Rue de l' Eglise 36, 1611 La Verrerie
Année de construction
1889

Consécration

Le 3 septembre 1889, de joyeuses détonations annonçaient au loin que la Paroisse du Crêt se préparait à la consécration de sa nouvelle église.

Bien que ce fût un jour ouvrable, toute la population, en habits de fête, était réunie au centre du village, grossie de groupes nombreux accourus des localités voisines.

Tous les regard se fixaient avec admiration sur le gracieux édifice, dont les lignes pures se détachaient vivement sur le fond d'azur du ciel.

L'ancienne église était insuffisante et demandait de grandes réparations; il était nécessaire de l'agrandir et de la restaurer; mais comment tenter cette entreprise, où trouver les ressources ? La Providence y a pourvu, après la mort du bon M. Paradis, par l'heureux choix de son successeur, M. le curé Tâche.

Ce pasteur intelligent et zélé a bien vite compris le désir de ses pieux paroissiens et, dans un élan de générosité qui leur a révélé les richesses de son cœur, il a offert spontanément un chiffre si rond que la question a été décidée à l'instant.

Il ne s'est plus agi d'agrandir et de restaurer la vieille église, mais de la reconstruire entièrement sur un plan plus vaste et dans un style ogival. Une liste de souscriptions a été couverte de signatures avec une unanimité édifiante. On s'est mis à l'œuvre sans retard : l'antique église a été démolie, et un édifice plus grand, d'un style pur et régulier, s'est élevé comme par enchantement, grâce à l'activité de l'habile architecte chargé de cette entreprise, grâce à la générosité, à l'empressement dévoué, infatigable, de cette population de 700 âmes; au zèle avec lequel tous offraient, avec leurs épargnes, leur temps, leurs sueurs, leurs attelages pour le transport des matériaux et, par dessus tout, grâce à l'activité, au talent d'initiative et d'organisation de M. le curé, qui , tout en demandant beaucoup à ses paroissiens, a su en obtenir tout le concours qu'il désirait, et en outre l'attachement le plus sincère et le plus reconnaissant.

La célérité avec laquelle s'est élevé cet édifice mérite l'admiration. Depuis la pose de la première pierre, deux ans et trois mois ont suffi pour son entier achèvement, sans qu'il reste un détail à compléter, un chapiteau à sculpter, une fenêtre privée de son vitrail. Et malgré la modicité des ressources avec lesquelles on s'était mis à l'œuvre, l'année ne s'écoulera pas sans que toutes les dépenses soient soldées.

 

D'ordinaire il faut plusieurs années pour compléter l'ornementation d'une église nouvellement construire; mais au Crêt, tout s'est fait à la fois : l'œil vigilant du pasteur a tout prévu, et la générosité des ouailles lui a permis de n'oublier aucune détail. De sorte que la nouvelle église, le jour de la consécration, s'est montrée comme une jeune épouse brillamment enrichie de tous ses ornements. Le Crêt possède aujourd'hui un sanctuaire digne de figurer au nombre des monuments les mieux conçus, les mieux bâtis, et les plus complets du diocèse. A l'extérieur, l'œil est charmé par l'harmonieuse régularité de l'édifice, par son style sobre et noble tout ensemble, par la teinte sévère de ses assises de granit, enfin par une flèche élégante, qui s'élance vers le ciel et domine toutes les églises du canton, celle de Bellegarde exceptée.

L'intérieur réunit les conditions multiples de la beauté, d'une bonne sonorité, d'une douce et religieuse clarté, et présente à l'observateur, entre autres ornements, un maître-autel en marbre blanc, des autels latéraux et une chaire en chêne, enrichis de sculptures, une gracieuse table de communion due à un habile artiste de la paroisse de Saint-Martin, enfin des vitraux dont le dessin est pur, les personnages bien réussis et la transparence irréprochable.

C'est donc de cette église neuve que Monseigneur Mermillod est venu faire la consécration solennelle. Tous les cœurs étaient dans l'attente et dans la joie. Le village du Crêt, admirablement décoré, présentait le plus ravissant coup d'œil.

Les rites de la consécration ont commencé à 6 h. ½ en présence d'un nombreux clergé. Que les prières de l'Eglise sont belles ! comme elles parlent à l'esprit et au cœur ! Cette cérémonie se partage en deux parties distinctes : la première est employée à des purifications et à des bénédictions préliminaires, la deuxième à des onctions diverses qui caractérisent l'acte de la consécration définitive. C'est une des cérémonies les plus longues, les plus solennelles et les plus mystérieuses du culte catholique. Toute la religion s'y trouve symbolisée et en quelque sorte dramatisée dans son passé, son présent et son avenir. Que d'émotions solennelles l'Eglise remue dans ce magnifique tableau de la consécration d'une église, dans ce vaste drame, où la religion, la société chrétienne et les individus, le ciel et la terre passent devant nos yeux comme un sublime et immense panorama, à la clarté du flambeau de la foi, s'exprimant par les paroles de la liturgie sacrée. Ah ! si le spectacle de la dédicace d'une église terrestre offre tant de magnificence sous la main d'un pontife mortel, quel ravissement ne saisira pas nos cœurs lorsque nous assisterons à la dédicace définitive de l'Eglise triomphante sous la main de Jésus-Christ, le Pontife éternel !

Après les chants et les cérémonies liturgiques, l'auguste Sacrifice est célébré, pour la première fois, avec une pompe exceptionnelle, dans ces murs devenus le temple du Très-Haut.

A l'évangile, M. le curé de la paroisse adresse à l'éminent prélat qui vient d'inaugurer la chaire sacrée des paroles pleines d'âme qui font jaillir les larmes de plus d'un assistant. Monseigneur a exprimé, dans une touchante et éloquente allocution ses sentiments de gratitude pour la réception si bienveillante et si chaleureuse de la veille; il a remercié tous ceux qui avaient contribué à cette grande œuvre, et a trouvé des paroles d'une exquise délicatesse pour M. le curé et pour ses paroissiens si dignes d'éloges. Sa Grandeur a eu de sublimes accents quand Elle a parlé de la dignité des temples catholiques. Sa parole apostolique sera une semence précieuse qui, tombée sur une terre féconde, germera, espérons-le, en moisson de vertus !

Extrait de l'ami du peuple publié dans le bulletin paroissial Le Crêt - septembre 1911